Le Premier ministre demande une enquête sur la corruption à la SAAQ du Québec

Olivia Carter
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Dans une démarche sans précédent qui a secoué les institutions gouvernementales du Québec, le premier ministre François Legault a demandé une enquête anticorruption concernant la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), suite à une série d’activités suspectes découvertes pendant le déploiement problématique de sa plateforme de services en ligne.

L’annonce du premier ministre est survenue mercredi après que des documents internes aient révélé des pratiques potentiellement frauduleuses dans le développement du projet de transformation numérique de la SAAQ, SAAQclic. Cette initiative de 458 millions de dollars, qui a fait l’objet de nombreuses critiques après son lancement en février 2023 ayant entraîné d’importantes perturbations de service, est maintenant sous enquête pour possible corruption impliquant des entrepreneurs gouvernementaux et des fonctionnaires.

“Quand il y a de la fumée, il faut vérifier s’il y a du feu,” a déclaré Legault aux journalistes à l’Assemblée nationale. “L’intégrité de nos institutions publiques doit être irréprochable, et les Québécois méritent une transparence complète sur la façon dont leurs impôts ont été dépensés dans ce projet.”

Selon des sources gouvernementales au fait du dossier, l’Unité permanente anticorruption (UPAC) examinera les contrats accordés pendant la phase de développement de la plateforme entre 2019 et 2022. Les premières constatations suggèrent des pratiques de facturation gonflées, des processus d’appel d’offres douteux, et de potentiels conflits d’intérêts impliquant des hauts fonctionnaires au sein de la division technologique de la SAAQ.

Les partis d’opposition se sont emparés de la controverse, Vincent Marissal de Québec Solidaire qualifiant cette situation d'”autre exemple de mauvaise gestion” dans l’approche du gouvernement de la CAQ en matière de transformation numérique. “On parle de centaines de millions de dollars des contribuables potentiellement détournés pendant que les citoyens faisaient la queue pour des services de base,” a déclaré Marissal durant la période de questions.

La plateforme SAAQclic, qui devait moderniser les services d’immatriculation et de permis de conduire du Québec, a plutôt créé le chaos lors de son lancement l’an dernier. Les citoyens ont fait face à des temps d’attente allant jusqu’à 10 heures dans les bureaux de la SAAQ, tandis que le système en ligne souffrait de problèmes techniques persistants et de vulnérabilités de sécurité qui ont temporairement exposé des renseignements personnels sensibles.

La ministre des Transports, Geneviève Guilbault, qui supervise la SAAQ, a promis une coopération totale avec les enquêteurs. “Nous avons déjà mis en place des contrôles plus stricts sur les projets informatiques dans l’ensemble des ministères,” a affirmé Guilbault. “Mais si corruption il y a eu, les responsables feront face à de graves conséquences, quelle que soit leur position.”

Les experts en technologie considèrent ce cas comme emblématique des défis plus larges dans les efforts de transformation numérique gouvernementale. “Les projets informatiques de grande envergure deviennent souvent vulnérables à la corruption lorsque la surveillance est inadéquate,” explique Dr. Benoit Dupont, professeur en cybersécurité à l’Université de Montréal. “La complexité de ces systèmes facilite la dissimulation d’irrégularités dans les phases de codage, de test et de mise en œuvre.”

Pour les Québécois ordinaires comme la Montréalaise Jeanne Tremblay, qui a passé trois jours à essayer de renouveler son permis de conduire l’année dernière, l’enquête n’apporte que peu de réconfort. “C’est exaspérant de penser que non seulement nous avons souffert d’un système dysfonctionnel, mais que la corruption pourrait en être la cause,” a-t-elle déclaré. “Nous avons fait confiance à notre gouvernement pour gérer cela correctement.”

Alors que l’UPAC entame son enquête, des questions demeurent quant à l’étendue de la corruption présumée et si elle a affecté d’autres initiatives technologiques gouvernementales. Avec l’ambitieux programme de transformation numérique du Québec qui se poursuit dans plusieurs ministères, comment les citoyens peuvent-ils avoir confiance que les projets futurs ne seront pas confrontés à des problèmes similaires de mauvaise gestion et de corruption potentielle?

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