Les provinces recevront des milliards de l’historique règlement sur le tabac au Canada

Olivia Carter
5 Min Read
Disclosure: This website may contain affiliate links, which means I may earn a commission if you click on the link and make a purchase. I only recommend products or services that I personally use and believe will add value to my readers. Your support is appreciated!

Dans ce que les observateurs qualifient de moment décisif pour la santé publique canadienne, les gouvernements provinciaux s’apprêtent à recevoir une compensation financière sans précédent suite à un règlement historique avec les grandes compagnies de tabac. Après des décennies de batailles juridiques prolongées, l’accord de 28,7 milliards de dollars marque l’un des plus importants règlements d’entreprise de l’histoire canadienne et conclut un litige qui s’étend sur plus de vingt ans.

“Ce règlement représente la responsabilité dans sa forme la plus pure,” a déclaré le ministre de la Santé du Québec, Christian Dubé, lors de l’annonce d’hier à Montréal. “Pendant des générations, les compagnies de tabac ont réalisé des profits tandis que les Canadiens souffraient. Aujourd’hui, nous commençons à équilibrer ce registre.”

Les fonds, qui seront distribués sur deux décennies, iront aux provinces qui cherchaient à récupérer les coûts de soins de santé associés au traitement des maladies liées au tabac. Le règlement avec Imperial Tobacco, Rothmans Benson & Hedges et JTI-Macdonald Corp. intervient après que ces entreprises aient demandé la protection contre les créanciers en 2019 face à des litiges croissants des gouvernements provinciaux.

L’Ontario, province la plus peuplée du Canada, devrait recevoir la part la plus importante, soit environ 8 milliards de dollars, tandis que le Québec recevra environ 6,8 milliards de dollars. Les fonds restants seront distribués entre les autres provinces en fonction de la population et des dépenses de santé liées aux maladies induites par le tabagisme.

Les groupes de défense de la santé ont largement applaudi l’accord tout en soulignant l’importance de diriger les fonds du règlement vers des mesures de lutte contre le tabagisme. “Ce règlement ne peut être simplement considéré comme une aubaine pour les coffres provinciaux généraux,” a déclaré la Dre Eleanor Walsh, directrice de l’Association canadienne de santé publique. “Ces fonds doivent être investis stratégiquement dans des programmes de prévention, de soutien à l’arrêt du tabac et de recherche qui peuvent enfin renverser la tendance de la dépendance au tabac.”

Selon Santé Canada, le tabagisme demeure la principale cause évitable de décès prématuré au pays, fauchant plus de 48 000 vies canadiennes chaque année. Le fardeau économique des maladies liées au tabagisme est estimé à 16,2 milliards de dollars annuellement, incluant les coûts directs des soins de santé et la perte de productivité.

Les ministres provinciaux de la Santé ont indiqué que des portions du règlement soutiendront des initiatives anti-tabac et renforceront les systèmes de santé mis à rude épreuve par le traitement de conditions chroniques comme le cancer du poumon, les maladies cardiaques et la maladie pulmonaire obstructive chronique—des affections directement liées à l’usage du tabac.

Les experts juridiques notent que, bien que substantiel, le montant du règlement est nettement inférieur aux 500 milliards de dollars initialement réclamés collectivement par les provinces. “Cela représente un compromis pragmatique,” a expliqué la professeure de droit constitutionnel Margot Stevenson de l’Université de Toronto. “Les provinces s’assurent un paiement garanti plutôt que de risquer des décennies supplémentaires devant les tribunaux avec des résultats incertains.”

L’industrie du tabac a maintenu qu’elle opérait dans le cadre réglementaire de chaque époque tout en reconnaissant les risques pour la santé associés à ses produits. Dans une déclaration, Imperial Tobacco Canada a qualifié le règlement de “résolution mutuellement bénéfique qui apporte une certitude à toutes les parties impliquées.”

Notamment, l’accord contient des dispositions qui limitent la responsabilité future des entreprises tout en leur permettant de poursuivre leurs activités au Canada—un point critiqué par certains défenseurs des politiques de santé qui espéraient des restrictions plus sévères sur le marketing et les ventes.

Alors que les autorités sanitaires provinciales se préparent à recevoir la première tranche de fonds en 2025, le règlement soulève de profondes questions sur la responsabilité des entreprises et les priorités de santé publique. Reste à voir si ce règlement financier historique se traduira par des réductions tout aussi historiques des taux de tabagisme au Canada, ou deviendra simplement un autre chapitre dans la relation complexe entre le gouvernement, l’industrie et la santé publique.

Partager cet article
Laisser un commentaire

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *